Texte Pascale Jourdan
Né à Uccle le 1er mars 1934, il est décédé le 20 octobre 2005 à Monaco où il est inhumé. Sur sa tombe des oiseaux sont gravés dans le marbre. Ils rappellent sa « Fontaine aux oiseaux », ou le générique d’Antenne 2, qu’avait réalisé cet artiste engagé.
Formé à l’institut Saint-Luc à Bruxelles et quelques mois à L’École nationale des Arts visuels de la Cambre où il suit des cours d’esthétique industrielle, il s’avère qu’il est doué pour le croquis. Il gagne alors Paris, encouragé par ses professeurs et son oncle Étienne Samson.
Il reste dans l’ombre jusqu’en 1960, lorsqu’il décide d’envoyer ses dessins à des magazines américains, tels que The New Yorker, Fortune, Atlantic Monthly et Time. Il conquiert alors une reconnaissance internationale qu’il n’avait pas obtenue en Belgique et en France.
Inspiré par Saul Steinberg, il se distingue dans le domaine de l’illustration. Son style se caractérise par de larges dégradés à l’aquarelle et l’utilisation récurrente de personnages au contour volontairement schématique. Leur expression égarée, leur errance en apesanteur dans de vastes paysages dénudés ou au contraire dans des espaces urbains oppressants et énigmatiques, parfaitement en phase avec les interrogations de la société occidentale de l’après mai 68 constituent sans doute le meilleur aspect de son œuvre.
L’année 1989 marque son succès philatélique et public en France : il conçoit le logo de l’exposition philatélique internationale de Paris et le logo Les Oiseaux pour la commémoration de la Révolution française, figurant sur de nombreux timbres et objets commémoratifs dans le monde.
Il est aussi un ardent défenseur des droits de l’homme. En 1989, il illustre les articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme à l’occasion de ses 40 ans. Il a notamment aussi illustré diverses campagnes pour Amnesty International.

Jean-Michel Folon est l’une des figures de proue de l’art belge au 20e siècle. Il a représenté la Belgique deux fois aux Biennales de Venise et de Sao Paulo. Sa principale source d’inspiration était l’insensibilité et la dureté de ce monde, transformées par son don poétique et par son humour subtil mais parfois mordant.
Il ne cesse de nous séduire par ses aquarelles, peintures, gravures, sculptures, tapisseries, timbresposte, décors de théâtre. On le sait sans doute moins mais il a également dessiné les vitraux aux couleurs chaudes de la jolie petite église romane Saint-Etienne de Waha (datant de l’an 1050, avant les croisades ! ) à Marche-en-Famenne. Et il a endossé le rôle de comédien dans plusieurs films.
Il a mené en parallèle une carrière de dessinateur de presse et a également signé des illustrations de chefs-d’œuvre littéraires tel que “La métamorphose” de Franz Kafka. Les utilisateurs du réseau de métro bruxellois peuvent également admirer son empreinte dans la station Montgomery où il a dessiné une fresque murale de 165 mètres carrés.On a tous en tête ses statues érigées le long de la mer du nord ou ailleurs en Belgique. Il fait partie de notre belgitude, lui-même s’était inspiré de Magritte et du petit homme au chapeau qui rappelle Maigret.
Il a créé son propre musée « La fondation Folon » qui est située dans la ferme du parc du château de La Hulpe conçue par l’architecte JeanPierre Cluysenaar, quinze salles d’exposition permettent au visiteur de découvrir plus de trois cents œuvres de l’artiste. La Fondation Folon, héritière de l’artiste a créé le 25 novembre 2015 à Monaco « L’atelier Folon », une association visant à faire connaître l’atelier de l’artiste en Principauté.
De nombreuses activités sont prévues pour le célébrer.
En voici quelques unes:
Au Musée Magritte
les similitudes et différences entre Folon et
Magritte
À la maison Autrique
les amateurs d’art pourront goûter aux
différentes techniques artistiques expérimentales
avec lesquelles Folon a donné vie à son univers
Le musée du Design
de Bruxelles mettra en lumière le travail publicitaire de
l’artiste pour le fabricant d’ordinateurs et de machines à écrire Olivetti.
Un parcours,
organisé du 1er mars au 30 mai, permettra également de
découvrir une vingtaine de sculptures de Folon installées à des endroits
iconiques de la capitale, comme les galeries SaintHubert, le Mont des Arts
ou encore la place Royale
